Christophe Gaillard

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vendredi 11 juin 2010

Arnulf Rainer | "Pierre Molinier Übermalung" | 12 juin - 31 juillet 2010

RAINER - Pierre Molinier ÜbermalungLa galerie Christophe Gaillard présente du 12 juin au 31 juillet 2010, la nouvelle exposition d’Arnulf RAINER : Pierre Molinier Übermalung.

Ce travail, en exclusivité à la galerie, est né d’une conversation entre l’artiste et Christophe Gaillard à l’issue de la première exposition que la galerie lui avait consacrée, il y a deux ans. Arnulf Rainer effectue ici à la fois un travail de photographe, en prenant soin de recadrer les œuvres de Pierre Molinier, de les flouter, de les recomposer, d’en modifier les couleurs, les perspectives, les accents. Puis, selon sa technique habituelle, les photos sont d’abord sur-dessinées puis griffées, lacérées, rayées.

Rainer rend ici un hommage brillant à Molinier comme il a déjà su si bien le faire avec Michaux, Goya ou Van Gogh. Serait-ce l’obsession commune aux deux artistes de re-sculpter, re-dessiner leurs propres corps et leurs propres visages, cet « autoportrait impossible » comme pôle majeur du travail de chacun des deux artistes, qui fait de cette série un ensemble à la fois abouti, vif et mordant ? C’est l’hypothèse première de Jean-Jacques Lebel, qui a longuement préparé un entretien avec Arnulf Rainer, et qui s’interroge sur le lien entre les ratures, biffures, lacérations de son contemporain et les attaques violentes de certains intégristes de toutes époques.

www.galerie-gaillard.com

jeudi 1 avril 2010

Carole FEKETE, ¿Qué tal?, exposition du 1er avril au 8 mai

Boîte VI, 2007, Tirage lambda, 46x60 cm













A l’occasion de la sortie du livre Ce qui reste, avec un texte de Philippe-Alain Michaud, la galerie Christophe Gaillard présente, du 1er avril au 8 mai 2010, une sélection de travaux récents de Carole Fékété, réalisés en Espagne lors de son séjour à la Casa Velasquez : ¿Qué tal?

Française née à Alger en 1970, d’une famille aux racines diverses, elle aborde à travers ses images l’idée d’origine et de transmission. Elle a reçu en 2000 le prix de la fondation HSBC pour la photographie, récompensant trois séries qui témoignent de l’attention qu’elle porte à ce qui est mineur. Son œuvre a d’ailleurs ces dernières années continué d’élaborer une vision reposant sur le temps et la minutie de l’observation.

C’est cette rigueur qu’accompagne un solide sens de la composition qui restitue la présence à la fois familière et énigmatique des Corps dans la ville, titre de l’édition 2006 du Septembre de la photographie durant laquelle la BF15 a exposé Le Singe et Les Statues. Et c’est la capacité de ce travail d’extraire du monde une singularité essentielle que Jean-Michel Ribettes, Michel Poivert et Agnès de Gouvion-St-Cyr ont déjà souligné dans leurs écrits : les photographies de Carole Fékété font apparaître la charge culturelle et anthropologique de leurs sujets. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas moins questionnés que l’acte photographique lui-même : sans doute n’est-ce pas le moindre Pouvoir de la photographie, comme manifesté par l’exposition à laquelle elle a participé l’année dernière à Séoul.

De ses deux années passées en résidence à Madrid à la Casa Velázquez, Carole Fékété rapporte trois séries photographiques : Les Reliques, Les Pierres tombales, et Les Portes. Ce séjour aura été marqué par différents aspects de la culture espagnole : la tradition festive, les rituels et les cérémonies toujours très vivaces dans tout le pays. La représentation de la mort, la survivance des processions, et le culte des reliques véhiculent des formes et des codes qui, par-delà le folklore religieux, sont chargés d'une histoire et d'une culture à travers lesquelles l'artiste continue de poursuivre ses recherches.

Comme le souligne Philippe-Alain Michaud dans le texte qu’il lui consacre « dans le pêle-mêle anatomique des Boîtes reliquaires, cette suite de portraits dévastés sans cohérence organique, la photographie reconnaît la description de ses propres pouvoirs, qui sont aussi ceux de la relique, pouvoir de convertir les corps en choses et dans les choses que sont devenues ces corps, d’activer des effets de comparution. » La comparution pourrait être immédiate avec la présentation à la galerie d’une dizaine de boîtes reliquaires, tirées à l’échelle réelle et dont le cadre est celui de la boîte elle-même.

mercredi 18 novembre 2009

Fernand Desmoulin (1853 - 1914) : Leçons des ténèbres

La galerie Christophe Gaillard et la galerie Christian Berst sont particulièrement fières d’accueillir l’exposition Leçons des ténèbres de Fernand Desmoulin, du 3 décembre 2009 au 9 janvier 2010.

Des progrès très grands, 1900-1902, crayon de couleur sur papier, rectoverso, 52 x 38 cm Des progrès très grands, 1900-1902, crayon de couleur sur papier, rectoverso, 38 x 52 cm

Cette exposition inédite présente de très rares dessins médiumniques de Fernand Desmoulin réalisés pendant sa période spirite, de 1900 à 1902. La fièvre du spiritisme qui embrasait l’époque offrit à cet artiste complexe, asphyxié par son activité de peintre et de graveur académique qu’il n’eut jamais la force de quitter, un souffle libérateur, porteur d’une œuvre médiumnique exceptionnelle, magnétique, fulgurante par instants, à laquelle André Breton lui-même aurait voulu rendre hommage par une publication que seule sa mort empêcha.

Surgissement de silhouettes vaporeuses, psychisme fiévreux jeté sur la feuille en écriture nerveuse, lignes sinueuses et biffures inspirées, trame quasi arachnéen¬ne, oscilloscope mental électriquement retranscrit sur papier, l’oeuvre de Fernand Desmoulin frappe par son incroyable richesse, par l’intrusion géniale de ce dernier dans ce que Henri Michaux nomme « l’espace du dedans », celui des voix intérieures, témoin virtuel d’une psyché lourde de conflit qui fit de lui le plus novateur et le plus singulier des artistes spirites..

sans titre, 1900-1902, mine de plomb sur papier, 45 x 29 cm Sans titre, 1900-1902, mine de plomb sur papier, 45 x 29 cm

Son œuvre retrace le long cheminement mental d’un homme pénétrant de plus en plus profondément dans les méandres de son inconscient. Les différentes étapes de ce parcours initiatique se dévoilent au fur et à mesure des dessins alors que les formes évanescentes, pâles visages fantomatiques et volatils, esprits furtifs émergeant douloureusement d’une chrysalide frémissante, se muent en forme alvéolaire dévoilant quelque tête à peine ébauchée. Puis les formes disparaissent, laissant place à une écriture labyrinthique, sismographique, passerelle involontaire vers un surmoi torturé, ultime marque d’une plongée vers l’inconnu frôlant dangereusement le point de non retour. Fugaces, les créations médiumniques de Fernand Desmoulin annonçaient, à l’aube du XXe siècle, les révolutions et explorations formelles les plus audacieuses.