Christophe Gaillard

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 18 février 2010

Esprit, es-tu là ?

La Galerie Christophe Gaillard présente du 16 février au 27 mars 2010 son nouvel accrochage autour du thème "Esprit es-tu là ?" L'art tout a été tout le long du XXème siècle en prise avec l'esprit ou les esprits. Avec l'essor de la psychanalyse, naissent dès la fin du XIXème, les premières tentatives d'artistes spirites (proche de l'art brut). L'ordre et la mesure commencent alors à céder du terrain face aux dérèglements de l’esprit qui mettent à jour, un foisonnement, une liberté jamais vues à ce jour.

Charles Sandison, Yes/NoPlus tard, les travaux plus contemporains d'artistes travaillant sous l'emprise de produits hallucinogènes (Henri Michaux et la Mescaline, les artistes de la Beat Génération) prolongeront cette tentation d'interroger un au-delà. Mais l'esprit ne saurait être réduit à sa seule dimension inconsciente. Une partie de l'art moderne et contemporain s'est attachée à travailler la question de la représentation ou celle de son corollaire, l’aura, l’esprit… Donner à penser comment l'art continue de témoigner d'un au-delà du visage et demeure la voie profane d'une nécessité irrépressible d'élévation. Prenant ainsi comme point de départ, l’œuvre de Rainer et la notion d’effacement propre à son travail (Portrait de Liliencron), l’exposition Esprit es-tu là? sera l’occasion de voir une vidéo de Charles Sandison (Yes /No), une toile fantomatique (Paroles) de Pierre Dmitrienko, un rare tirage d’époque de Pierre Molinier (Le chaman), une mèche de cheveux de Boltanski ou bien encore un paysage déserté de Jean Dubuffet (Matériologie). Nous présenterons aussi en exclusivité pour Artparis la plus grande sculpture de Chiharu Shiota réalisée à ce jour, une monumentale robe blanche voilée dans un cocon arachnéen de fils noirs.

Artistes exposés: Boltanski, Bournigault, Brassaï, Chaissac, Delprat, Dmitrienko, Dubuffet, Fékété, Hazelzet, Michaux, Molinier, Rainer, Sandison, Shiota, Tal Coat.

mercredi 2 décembre 2009

Guillaume Lebelle : Myriade et Focus

La galerie Christophe Gaillard est fière d’accueillir l’exposition Myriade et Focus de Guillaume Lebelle, du 12 janvier au 6 février 2010.

De toute, 2008, 189 x 165 cm, Gouache sur toile

        De toute, 2008, 189 x 165 cm, Gouache sur toile

Bien qu’éloigné des cimaises parisiennes depuis sa dernière exposition à la Galerie Jean Fournier en 2004, le travail de Guillaume Lebelle était de ceux présentés au musée Fabre (Montpellier) lors de l’hommage à Jean Fournier en 2007.

Cette situation de repli a permis à Guillaume Lebelle -ces cinq années durant- d’explorer plus librement sans doute, différentes directions sous un mode expérimental. Deux voies distinctes se sont imposées alors. D’une part de grands formats, sur une toile laissée brute et, de l’autre, des formats plus petits, plus contractés, saturés, réunissant sur une petite surface, sans doute autant de gestes que sur une œuvre plus grande.

Sans titre, 2009,133 x 152 cm, Gouache et huile sur toile

   Sans titre, 2009,133 x 152 cm, Gouache et huile sur toile

« Myriade est la merveille, un chemin, une transition qui se renouvelle sans cesse: son mode d'apparition est le continuum, l'amplification, la résonance. Focus : un point d’arrêt, un agrandissement, une prise de conscience: il agit en pleine connaissance de pause. Myriade et Focus jouent à ne jamais se répéter, ils s'ajustent l'un l'autre et créent ainsi la configuration du tableau. Pense à l’instabilité des représentations et au léger contrôle que l’on garde malgré tout sur elles dans le demi sommeil, dans cette dorme-veille qui donne des perceptions ultra-fines : le mouvement est incessant – un personnage peut devenir un lieu et réciproquement – et pourtant tu peux opérer des arrêts, tu conserves une maîtrise sur le flux. A chaque instant, tu lâches les rênes, tu les récupères, tu les laisses aller de nouveau. Fin de la hiérarchie des genres, début des métamorphoses accompagnées. »

Guillaume Lebelle et Rémi Labrusse Novembre 2009.

mercredi 18 novembre 2009

Fernand Desmoulin (1853 - 1914) : Leçons des ténèbres

La galerie Christophe Gaillard et la galerie Christian Berst sont particulièrement fières d’accueillir l’exposition Leçons des ténèbres de Fernand Desmoulin, du 3 décembre 2009 au 9 janvier 2010.

Des progrès très grands, 1900-1902, crayon de couleur sur papier, rectoverso, 52 x 38 cm Des progrès très grands, 1900-1902, crayon de couleur sur papier, rectoverso, 38 x 52 cm

Cette exposition inédite présente de très rares dessins médiumniques de Fernand Desmoulin réalisés pendant sa période spirite, de 1900 à 1902. La fièvre du spiritisme qui embrasait l’époque offrit à cet artiste complexe, asphyxié par son activité de peintre et de graveur académique qu’il n’eut jamais la force de quitter, un souffle libérateur, porteur d’une œuvre médiumnique exceptionnelle, magnétique, fulgurante par instants, à laquelle André Breton lui-même aurait voulu rendre hommage par une publication que seule sa mort empêcha.

Surgissement de silhouettes vaporeuses, psychisme fiévreux jeté sur la feuille en écriture nerveuse, lignes sinueuses et biffures inspirées, trame quasi arachnéen¬ne, oscilloscope mental électriquement retranscrit sur papier, l’oeuvre de Fernand Desmoulin frappe par son incroyable richesse, par l’intrusion géniale de ce dernier dans ce que Henri Michaux nomme « l’espace du dedans », celui des voix intérieures, témoin virtuel d’une psyché lourde de conflit qui fit de lui le plus novateur et le plus singulier des artistes spirites..

sans titre, 1900-1902, mine de plomb sur papier, 45 x 29 cm Sans titre, 1900-1902, mine de plomb sur papier, 45 x 29 cm

Son œuvre retrace le long cheminement mental d’un homme pénétrant de plus en plus profondément dans les méandres de son inconscient. Les différentes étapes de ce parcours initiatique se dévoilent au fur et à mesure des dessins alors que les formes évanescentes, pâles visages fantomatiques et volatils, esprits furtifs émergeant douloureusement d’une chrysalide frémissante, se muent en forme alvéolaire dévoilant quelque tête à peine ébauchée. Puis les formes disparaissent, laissant place à une écriture labyrinthique, sismographique, passerelle involontaire vers un surmoi torturé, ultime marque d’une plongée vers l’inconnu frôlant dangereusement le point de non retour. Fugaces, les créations médiumniques de Fernand Desmoulin annonçaient, à l’aube du XXe siècle, les révolutions et explorations formelles les plus audacieuses.

vendredi 25 septembre 2009

Politique de l'Obscène/Obscénité du Politique, reportages de Jean-Jacques LEBEL

La galerie présentera, du 3 novembre au 2 décembre 2009, l’exposition: Politique de l'Obscène/Obscénité du Politique, reportages de Jean-Jacques LEBEL.

Depuis 1955, Jean-Jacques LEBEL expose, écrit, filme, édite, coordonne, et s’engage dans des processus collectifs. Auteur, à Venise, de L'enterrement de la Chose, considéré comme le premier happening européen, organisateur de manifestations, d’expositions ou de festivals internationaux, poète, théoricien, activiste politique, toutes les formes de sa trajectoire «d’agitateur inspiré» constituent des éléments inséparables de son travail de plasticien. Cet automne sera particulièrement prolifique en évènements, puisqu’à la sortie de diverses parutions s’ajouteront une grande exposition à la Maison Rouge, une autre à la galerie 1900-2000 et enfin le festival Polyphonix au 104.

Peinture sur photo JJLB

La galerie Christophe Gaillard quant à elle présentera un ensemble de dessins, peintures et collage sur photographies, réalisés des années 60 à nos jours. Si l’image du corps de la femme, prélevée dans une iconographie publicitaire et/ ou pornographique y est souvent présente, c’est pour mieux dénoncer le glissement de l’obscène : du privé vers le politique.

JJLB - Collage et manuscrit original de Georges Bataille

« L’obscénité viendrait plutôt de l’utilisation marchande dans la pub d’un certain porno soft dont on est abreuvé à longueur d’année. Mais je pense que la notion d’obscénité, c’est à dire d’irregardable, d’irrecevable, se trouve désormais beaucoup plus dans la politique que dans la littérature, le cinéma ou le théâtre. Dans l’ignoble baiser sur la bouche entre Brejnev et Honecker, par exemple, qui étaient dans l’illustration sanglante de la notion de pornographie. Sans dérision, sans ironie, sans recul. Ou encore Bush qui prétend parler au nom de Dieu, comme son alter ego Ben Laden. » Jean-Jacques Lebel, L’Humanité, Novembre 2001

Pierre Dmitrienko : L'assassinat du Biafrais

La Galerie accueille l’exposition l’assassinat du Biafrais de Pierre Dmitrienko, du 8 au 31 octobre 2009.

Pierre Dmitrienko a quarante-cinq ans quand il entreprend cette série de tableaux sur le Biafra. Son entreprise tranche avec l’abstraction défendue jusqu’à la fin des années 50. Œuvres chocs, ces dix toiles et les cinq gravures qui les accompagnent, réalisées sur ce thème des Biafrais, n’ont jamais été présentées ensemble jusqu’à ce jour. Or, Dmitrienko, témoin de la permanence de la barbarie dans nos sociétés contemporaines, a précisément conçu cet ensemble pour lutter contre l’oubli. Et qui mieux qu’un peintre a conscience de la fragilité de la mémoire.

Assassinat du Biafrai-1970-70HT35 bdAssassinat du Biafrais, 1970

Le détonateur de cette série est la diffusion au journal télévisé de l’exécution d’un prisonnier biafrais. Aux côtés du déchainement médiatique qui se met alors en place autour de cette guerre du Biafra, c’est à la naissance à la fois d’une prise de conscience politique (le droit d’ingérence) mais aussi des mouvements humanitaires que nous assistons. Ce thème s’inscrit parfaitement dans le volet le plus politique et à fortiori humaniste de l’œuvre de cet artiste-citoyen, témoin sensible dans des séries telles les Fusillés, les Présence … L'œuvre de Dmitrienko dont on peut dire que "l’image y est justement à la racine même de l’humanisation des sujets" renvoie à un discours ontologique de l'être, dont l’exposition sera à même d'éclairer les mécanismes.

Assassinat_du_Biafrai_1970__polyptyque_.jpgAssassinat du Biafrais, huile sur toile, 1970, 160 x 200 cm

- page 2 de 5 -