Christophe Gaillard

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vendredi 30 janvier 2009

Nouvel accrochage

mur.jpg Depuis mardi, les murs de la galerie se sont séparés des fabuleux graphismes photographiques aux noirs et blancs tranchés, incisifs, de Giacomelli. On nous invite désormais à une promenade à travers différentes époques picturales. Abondance de couleurs ! Les toges rubis du Calvaire du Christ de l’aile Denon ricochent avec celui du pull noué autour de la taille d’un homme songeur devant une toile de Cy Twombly, qui, a son tour, fait vibrer la robe vermillon de Marie dans la Sainte Famille de Rubens… non loin de là, les carrés pleins ou percés du Boogie Woogie de Mondrian rappelés par l’arc de cercle d’un audioguide suspendu à la nuque d’un visiteur saisi dans sa contemplation, incitent l’œil à poursuivre son parcours, sans répit, jusqu’au rouge « lie de vin » des voiles du Vénus et Cupidon de Lorenzo Lotto. De même les roses, issus des formes anguleuses des Demoiselles d’Avignon, de la robe de la Christina (Christina’s world) d’Andrew Wyeth observée par une jeune fille au vêtement du même ton, ou simplement de la carnation de tous ces crânes chauves, cous pâles, oreilles charnues des spectateurs tournés vers autant de mondes, se renvoient le regard du visiteur. Le Moulin de la Galette et son buste au manteau fleuri provoquent la sensation dynamique que l’on ressent face à ce nouvel accrochage traversé de nombreux vibrato : l’œil est happé, sollicité ici, séduit là, invité à construire sa propre narration. Depuis mardi, la galerie s’est aussi peuplée. Car devant chaque toile de maitre identifiable un homme de dos ou de profil s’intercale entre nous et l’œuvre photographiée. Robuste, chétif, chevelu ou dégarni, mais aussi orné, paré, par exemple, d’improbables bretelles jaunes devenues lignes, de lanières ou de rubans qui accompagnent des vêtements aux graphismes variés, ces corps sont l’expression de la force agissante de l’art et de son influence en tant que source nourricière d’inspiration. Tous semblent converger dans le même sens : à savoir nous rappeler subtilement la pure et simple nécessité de la peinture.

jeudi 22 janvier 2009

Bénédicte Hébert: deux expositions, un catalogue

ca_me_regarde___10.jpg Le catalogue édité en parallèle de l’exposition Bénédicte Hébert ne se réduit pas à un simple recueil des photos que l’on pourra venir admirer, à partir du 27 janvier 2009, à la galerie Christophe Gaillard ou au Centre d’Art Contemporain de Caen (depuis le 17 janvier). C’est un véritable livre. En regard des cinquante œuvres de l’artiste reproduites en pleine page, le texte de Benoit Casas invite le lecteur à saisir toute la teneur d’un travail intimiste. Benoit Casas joue le jeu de Bénédicte Hébert en nous conviant à la lecture – contemplation sur une apostrophe « ça vous regarde », mais nous y introduit progressivement avec poésie en déroulant son récit de strophe en strophe comme sur des pas japonais. L’incipit plante le décor et nous invite d’emblée à considérer le musée comme un lieu de vie, d’aventures, d’événements « il s’y passe de drôles de choses ». Nous pénétrons ensuite dans les salles et les couloirs sur un effet de travelling avant, avant de découvrir l’action : « un spectateur s’arrête ». L’artiste en mission, autre anonyme du musée cachée derrière ses initiales, procède alors à la « saisie de face-à-face ». La sensualité du travail de Bénédicte Hébert est développée tout au long de l’expérience littéraire de l’œuvre, l’auteur parle d’ailleurs « d’effeuillage des regards » quand il décrit le procédé de mise en abîme, ou encore de « corps à corps », il n’hésite pas non plus à en franchir les limites en invoquant le « peep show ». On découvre que Benoit Casas n’est pas avare non plus de prose discursive si nécessaire (le langage métaphorique utilisé lui donne néanmoins la légèreté de l’humour sans porter atteinte à la crédibilité du discours) lorsqu’il nous explique pourquoi la démarche de Bénédicte Hébert n’est pas « photographier dans un champ des vaches qui s’arrêtent pour regarder passer un train ». Il s’agit de tout autre chose, et de révéler, entre autres, que l’art exerce une force active, visible, atemporelle. En fin de catalogue, le texte du critique Yann Ricordel situe Bénédicte Hébert dans une histoire de l’art plus générale et souligne l’originalité de sa démarche. En repérant une confrontation entre deux medium dans la même image, il définit le travail de Bénédicte Hébert comme un « acte de regard ». Cette dynamique est rendue par l’effet de plaquage du spectateur sur la peinture ainsi que le surcadrage qui fait que le tableau déborde le cadre photographique : le regard est concentré sur le détail, et c’est bien cela qui permet à la photographie de Bénédicte Hébert de dégager autant de sensualité.

Le catalogue d'exposition est en vente à la Galerie Christophe Gaillard

Galerie Christophe Gaillard

mercredi 14 janvier 2009

"Ca me regarde" par bénédicte Hébert du 27 janvier au 28 février 2009

La Galerie Christophe Gaillard est heureuse de présenter la nouvelle exposition de Bénédicte Hébert parallèlement à celle que lui consacre du 16 janvier au 27 mars 2009, le Centre d’Art Contemporain de la ville de Caen : Would you go in if you knew you might not come out? La fameuse phrase de Duchamp « C’est le regardeur qui fait le tableau » bien qu’ici détournée, s’applique parfaitement aux œuvres de Bénédicte Hébert. Le regardeur, au sens propre, est non seulement pris dans l’objectif, mais il occupe une position centrale dans la composition. L’artiste fait d’ailleurs sa mise au point tour à tour sur le tableau ou sur le visiteur. Le titre de l’exposition nous invite explicitement à un jeu de regards entre celui du spectateur que l’on devine en suspension sur les œuvres, et celui que nous jetons sur ce tandem spectateur-œuvre. L’artiste nous interpelle et nous convie à un face à face avec notre héritage pictural. Faisant écho au On n'y voit rien de Daniel Arasse qui s'intéresse, sur un ton libre et plein d'humour, au cheminement de notre pensée devant la toile, cette série peut apparaître comme un hymne à l'œuvre regardée. ca_me_regarde___6.jpg C’est par un procédé de mise en abîme que Bénédicte Hébert nous invite à redécouvrir la peinture des Maitres. Son œuvre a systématiquement pour sujet un tableau sans cadre, avec lequel dialogue un visiteur devenu protagoniste de la photo et de l’œuvre elle-même. Ici, la coiffure d’un homme répond à la queue d’un cheval appartenant à une scène de chasse, là, les motifs d’un pull rappellent le graphisme d’une toile de Lichtenstein. Nous sommes alors témoins d’une relation d’intimité qui s’instaure entre le tableau et son contemplateur. D’étranges points communs semblent nous dire qu’a lieu sous nos yeux une rencontre, une communion, ou même un moment passionnel. Les limites de l’œuvre sont volontairement brouillées comme dans les Noces de Cana qui comptent de nouveaux invités, ce qui instaure une symbiose entre le sujet peint et son environnement immédiat. Ainsi la vie autonome du tableau à travers les âges nous parvient-elle et se présente à nous dans sa plus saisissante contemporanéité.

Le catalogue d'exposition est déjà disponible à la Galerie.

Galerie Christophe Gaillard

mardi 6 janvier 2009

Mario Giacomelli jusqu'au samedi 24 janvier à la Galerie Christophe Gaillard

MG002.jpg Mario Giacomelli nait en 1925 et meurt en 2000 à Senigallia en Italie. A la mort de son père, à l’âge de treize ans, il se met à travailler dans une imprimerie : Les caractères typographiques qui ressortent de la page blanche marqueront à jamais son œuvre. Il commence alors à peindre, et, en 1952, achète son premier appareil photo qu’il bricole et avec lequel il ne cessera de pousser à l’extrême les limites du contraste. Mario Giacomelli s'intéresse aux hommes comme en attestent ses scènes de séminaristes qui jouent dans la neige, d'où se dégage une incroyable légèreté. Ses prises de vue qui tour à tour embrassent une foule d’impotents extatiques à Lourdes ou immortalise leur digne avancée vers le miracle dévoilent sans pudeur les faces les plus tourmentées de la condition humaine. Motivo suggerito dal taglio dell'albero, 1967-68 Tout au long de son activité de photographe, Mario Giacomelli façonne des paysages aux lignes contrariées qui tendent vers l’abstraction. C'est ce travail, injustement méconnu semble-t-il, qu'a choisi de privilégier la Galerie Christophe Gaillard. Ces vues aux compositions rigoureuses sont bien plus que de simples exercices de style et se chargent de la même émotion que les sinistres photos de Lourdes et de l'asile de vieillards: la terre en gros plan est ici tellement creusée qu'elle en est scarifiée, là, les sillons qui la parcourent sont des stigmates aux trajectoires irrégulières, presque torturées. La violence des hommes ne se dirige pas seulement contre eux-mêmes: "La terre, nous avons abusé d'elle, nous l'avons violée, pillée, et, lentement, elle meurt elle aussi"disait l'artiste. Le survol des champs de Giacomelli nous laisse méditer, dans la plus pure élégance, sur le couple mythologique de l'homme et de la terre sur laquelle il ne cesse de mettre son empreinte.

Galerie Christophe Gaillard

mercredi 1 octobre 2008

Supports/surfaces

La galerie présente un ensemble d'oeuvres historiques de Supports/surfaces à partir du 9 octobre 2008, parmi lesquelles : Louis Cane, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Vivien Isnard, Christiona Jaccard, Jean-Michel Meurice, Bernard Pages, Jean-Pierre Pincemin, Claude Viallat... Louis CANE Papiers Collés 1967

Galerie Christophe Gaillard

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